Mercredi 23 Juillet 2008
Le jour du départ est enfin arrivé: Gare St Jean à Bordeaux 12h13; jusqu'en gare d'Avignon pour 18h30. Un trajet un peu long; mais quand on part pour une telle raison, le temps ne compte plus. A mon arrivée, mon pôte Peyo (pilote de mirage 2000) est là pour m'accueillir..ouf. Direction sa charmante petite demeure où nous partageons de nombreux apéros en présence de sa compagne Marie (pilote d'hélico dans l'armée de l'air;J'invente rien) et une noria de cigales...
Après un bon repas et une nuit pendant laquelle je me réveille à de multiples reprises; ce doit être le stress; un petit déj' et nous voilà partis pour une journée de rêve. Petit passage par Salon de Provence pour récupérer un autre membre de l'association: Stéphane "deleus", ancien pilote de 2000. Après une bonne heure de route dans des paysages magnifiques et inconnus pour moi, nous arrivons devant l'aéroport du Castellet (...avec comme voisin le circuit Paul Ricard..j'aime beaucoup son nom). Ouverture des locaux puis Stephane me propose d'aller jusqu'au hangar; je n'oublierai jamais la première vision que j'ai eu de l'avion. Sa masse féline éclairée par une lumière tamisée impose le respect; un petit frisson me parcoure le dos; je commence à toucher mon rêve du doigt. Après un tour complet du superbe oiseau, j'ose porter ma main sur son échine métallique..respect. Stephane commence à pousser doucement les portes du hangar baignant celui-ci de la lumière éclatante d'une journée ensoleillée. Osant porter un pied au dehors de l'édifice, je reste bouche bée devant le spectacle qui s'offre à moi: de toute beauté; au paysage splendide s'ajoute le rugissement proche du circuit sur lequel quelques monstres sur roue expriment leur tempérament. Il ne se passe pas quelques minutes quand deux Bell 412 équipés pour la lutte contre le feux mettent leurs moteur en route pour une intervention.Nous avons tous vu de nombreux film sur le Vietnam et donc sur le Bell 47 et son "flap flap" si reconnaissable. Je vous le souhaite à tous si vous ne l'avez jamais entendu; le ronflement de deux Bell en vol; le must étant de les entendre arriver de loin...c'est ce qu'il s'est passé un peu plus tard dans la matinée.
Une fois les portes ouvertes; la visite prés-vol effectuée de main de maître par deux passionnés avisés est chose plaisante; surtout quand on pense qu'on va devoir monter dedans après. nous décidons à trois de tirer le bel oiseau dehors par manque d'aide mécanisé. Pour décoller ses 3,4 tonnes montées sur roue "basse pression"; il faut donner de soi...à multiples reprises, jusqu'au moment magique où les roues commencent à faire leur premier tour. A ce moment précis; le pur sang décide de sortir de sa torpeur et s'avance doucement de sa "grange" au tarmac. Quelle légèreté; il n'y avait pas deux secondes, j'étais en train de suer eau et sang pour le faire avancer.
Le voilà à présent baigné de mille projecteurs; le reflet du soleil sur sa croupe élancée lui confère une noblesse qui laisse sans voix. L'APU (groupe de démarrage) est en place; le décompte pour le premier vol est lancé. Après encore de nombreuses attentions portées sur l'avion; le pilote et le passager sont en place pour la séquence de démarrage. Moteur!...c'est parti; l'animal fait soudain entendre son premier hennissement..je suis comme pétrifié; puis une excitation juvénile s'empare de moi. Déjà; l'avion s'avance docilement sur le taxiway, remonte un peu la piste et s'aligne. Le moteur est lançé; il roule et s'élève sur une distance impressionnament courte; roues rentrées et déjà il s'envole.
Après les deux vols du matin; l'heure est venue d'aller se restaurer; tout comme le L-39 qui lui,vient de le faire. Peyo décidera de voyager léger en réduisant la quantité de carburant dans l'avion. Nous voilà arrivés dans un restaurant aux couleurs des courses automobiles.
A table; Peyo, Deleus, moi et...Monsieur Sauveur; président de son état (de l'association bien sur). Avec Sauveur; le courant est passé tel l'APU sur l'avion..Il a l'art de vous raconter des bobards énormes en gardant un sérieux qui fait douter; j'adore cet humour..Merci Sauveur pour ton accueil. Devant voler quelques minutes après le repas; je décide de manger léger. Une salade fera l'affaire; par contre, je n'aurais pas du la prendre Paysanne la salade..et ses lardons; oignons et autres coquetteries...l'avenir me le prouverait bien assez tôt. Mais voilà; je suis meilleur à table qu'avec un manche dans les mains.
Retour au hangar pour MON VOL..
Le stress est monté d'un cran; je fais le clown avec mon équipement de tête de la seconde guerre mondiale pour me détendre. Après les photos d'usage; je monte enfin le pur sang..l'heure n'est à
présent plus à la plaisanterie; on respire un grand coup et me voilà déjà attaché en son sein.
Deleus me sangle soigneusement et recommence à me donner les consignes d'éjection.
Je vais vous expliquer brièvement en quoi consiste la "consigne d'éjection" sous forme de monologue manuscrit.
-" Si le pilote t'ordonnes de t'éjecter; tu rentres les jambes et tu tires sur les poignées entre tes jambes..Si ça marche pas; tu tires là; et tu retires sur la poignée..si ça marche toujours pas; tu pousses ici et tu retires sur la poignée...Si ça marche toujours pas; tu fais sauter la verrière avec cette manette et tu te décroches du siège en tirant cette autre poignée puis une fois en l'air
tu ouvres ton pébroque en tirant cette autre poignée...." FACILE; je tire toutes les poignées rouges que je vois et je ferme les yeux...facile. La même séquence de démarrage reprend sauf que cette fois; je suis dedans...Arrivée sur l'axe de piste; Peyo transforme le doux son sifflotant du turboréacteur en un rugissement puissant et lourd. L'avion commence à s'élancer sur la piste; et avant d'en avoir consommé le quart; il quitte déjà celle-ci. Train rentré aussitôt; la bête prend de la vitesse rapidement jusqu'au bout de la piste et là...OUFFFFFFF...montée en chandelle et retournement pour se mettre sur un cap vers la mer. Je serai tenté de dire que cela vous remet les pieds sur terre. Petite ballade découverte vers la mer méditerranée puis quelques petites figures qui me collent dans mon siège; sauf peut être celle qui consiste à voir la mer au dessus de votre tête. Les aficionados appellent cette position un vol dos..retenu par les sangles. Toutes les précautions prises par Deleus pour me fixer au siège prennent leur sens..j'imagine si elles se décrochaient..pof! couché sur la verrière. Toujours cette impression pas naturelle de se sentir enfoncé dans le siège à chaque figure; c'est extrêmement difficile à exprimer. Mais un vol sur une telle machine sans ressentir sa force serait blasphème et j'ai donc pris un réel plaisir à me faire chahuter un peu. Les yeux aussi sont à la fête quand on survol de tels paysages; quelle belle région. Nous arrivons vers la fin du parcours; et prenons le chemin de la côte et plus précisément d'un port oû des amis de Peyo ont jeté l'ancre. Des flash lumineux dans le port attirent l'attention de Peyo "-C'est eux! avec le miroir de détresse..accroche toi Dominique; on va tourner sec au dessus du bateau" et là.....J'ai trouvé le temps LOURD et je dis bien LOURD...3,5G dans la poire.. Ma tête suivait bien la manip; mais mon estomac et sa salade paysanne....beaucoup moins.
Je vous passe les détails; petite impression étrange qui se transforme en malaise palpable suivis d'un éclair de lucidité qui te pousses à attraper vivement la poche plastique dont on m'avait expliqué la fonction auparavant. EJECT EJECT EJECT..in the pocket...Je ne sais pas comment font ceux qui enchainent plusieurs figures en 30mn; personnellement, j'ai l'estomac trop sensible.
Reprise du vol tranquille le long des calanques de Cassis et retour vers le bercail. Mais voilà; mon estomac chahuté précédemment n'acceptera pas non plus les petites turbulences à basse altitude et décidera d'expulser les derniers lardons.
Atterissage parfait et retour sur le tarmac devant le hangar...
Passage devant les pilotes d'hélico attendant une éventuelle alerte feux et devant l'équipe au sol de ma monture...en exhibant le sourire béa ma poche portée aux limites de sa contenance. Mais HEUREUX. Mon après midi aurait pu s'arrêter là si Peyo n'avait pas contacté le matin même ses potes de l'escadron 2/5 pour un passage bas le long de la piste. Moins de 15mn après s'être posé je vois arriver deux points noir à l'horizon en rapprochement rapide. Ils sont là..Ils remontent fièrement la piste en formation ; post combustion dans un vacarme d'enfer et break gauche avant de s'éloigner. C'est la première fois que deux Mirages 2000 font un passage pour moi. Merci Peyo.
Le lendemain, ce sera une visite guidée de la Base aérienne d'Orange...GEANT!!!
Voici le moment de remercier tous ceux qui ont apporté à cette journée, le supplément de soleil. Un soleil qui ne se voit que dans le fond des yeux et dans le sourire qu'il déclenche.
Merci à vous tous
Dominique
DiaporamaPetit interview avant le vol ça fais mal au cul en effet
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